Lier le combat laïque au combat social

Appel  Lier le combat laïque au combat social, fédérer le peuple

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Contribution des signataires de l’appel Combat laïque Combat social fédérer le peuple réunis à Malaunay (Rouen) le 10 avril*

« Combat laïque-Combat social-Fédérer le peuple » … et la suite ?

Le CREAL76, lors de son AG statutaire de janvier, avait arrêté la décision d’appeler ses adhérent-e-s à signer le texte « Combat laïque – Combat social – Fédérer le peuple ». Malgré des critiques formulées sur des éléments du texte de l’Appel, mais dépassant une lecture trop pointilleuse de celui-ci, l’AG avait choisi de faire confiance à la dynamique qu’il pouvait enclencher.
 

Cette initiative semblait vouloir ouvrir un processus souhaité par le CREAL76 depuis sa constitution, à savoir rassembler, à défaut d’unifier, des citoyens et citoyennes à titre individuel ou réuni-e-s en associations, militant pour la laïcité et n’acceptant pas le cours débilitant que des politiques diverses lui avaient fait prendre, dont le dernier épisode semble avoir été interprété ce 9 avril au soir par le Président de la République devant la Conférence des évêques au Collège des Bernardins. 
 
Le CREAL76 avait honnêtement fait part de ses réserves et évoqué les dangers qui risquaient de miner cette dynamique. En particulier nous avions insisté sur la nécessité de trouver une méthode de travail de construction qui associe le plus grand nombre (individus et associations nombreuses en régions) et qui s’écarte de la précipitation, en cheminant étape par étape, en se fixant quelques dates repères, dont l’ultime aurait pu être le 9 décembre 2018. Vous trouverez ci-dessous un extrait de l’intervention de notre président à la rencontre nationale du 10 février portant sur cette question.
 
 « Car c’est bien de construction qu’il s’agit et il faut en prendre le temps. Notre préférence va à une association nationale regroupant des adhésions personnelles ou d’associations à égalité dans les décisions (une adhésion individuelle = 1 voix ; une adhésion d’association constituée = 1 voix). Ce dispositif aurait notre préférence. En particulier les associations adhérentes garderaient toute liberté d’action. Cela nécessite d’adopter des statuts. Cette modalité nous semble la plus ouverte et la plus à même d’impliquer le plus grand nombre. Nous l’avons expérimentée au CREAL où des organisations peuvent adhérer (nous avons un syndicat et une association nationale et la Ligue de l’Enseignement 76 a débattu de son adhésion au CREAL !), mais aussi au sein de collectifs rouennais. 
 
Il faut travailler avec le tissu associatif existant sur le terrain. De nombreuses associations dont nombre partagent notre orientation et dont il faudrait faire le relevé existent. Concernant notre département, la Seine-Maritime, le CREAL76 de par son ancienneté dans le département, la place qu'il a acquise au centre de la réflexion et de l'action laïque, rassemble de fait une palette d'adhérent-e-s aux options politiques, associatives, syndicales étendues. 
Le calendrier des étapes devant aboutir à la constitution de cette nouvelle structure doit être très sérieusement établi pour lancer une campagne de collecte de nouvelles signatures et pour donner du temps aux signataires comme aux associations intéressées de peaufiner le projet :

  • la date de son officialisation doit avoir une forte portée symbolique. Ce pourrait être le 9 décembre 2018.
  • Ce qui donne 10 mois de préparation
  • pour informer toutes les associations qui se réclament de la laïcité en veillant à ne pas pratiquer d’exclusives (même involontaires)
  • pour solliciter les personnalités
  • pour parrainer nos travaux
  • pour solliciter de premières ébauches du texte fondateur
  • pour préparer une première réunion nationale (ce qui ne veut pas dire parisienne) faisant un bilan d’étape et préparant l’échéance de décembre. Ce pourrait être en septembre/octobre.

Mais, dans l’urgence il faut mettre en place un collectif provisoire

  • pour réagir à toute agression de la laïcité mais aussi à toute interprétation douteuse qui en est faite, 
  • pour établir des contacts avec les médias 
  • pour poursuivre, dans la perspective de la création officielle de l’association, le travail de rassemblement (individus comme organisations ou associations). »

 
Deux mois plus tard où en sommes-nous ?

De nos lointaines provinces, il paraît difficile de se former une idée précise de l’exploitation qui a été faite de nos signatures hormis le fait qu’une direction bicéphale semble s’en être emparée. Cela donne l’impression d’un désordre au niveau des initiateurs ce qui est très désagréable pour les signataires. On pourrait peut-être demander à ceux et celles (et pour les adhérent-e-s du CREAL76 à la demande de l’AG annuelle) qui avaient manifesté leur confiance dans cette entreprise unificatrice de bien vouloir oublier leur blessure d’amourpropre. Les dégâts de tels comportements manœuvriers auront des conséquences plus graves encore. À savoir qu’il sera bien difficile de recréer les conditions d’une telle opportunité. La confiance est comme une allumette, elle ne sert qu’une fois ! Ceux et celles qui se sont livré à un tel comportement bureaucratique ignorent-ils que ceux et celles qui ont répondu à l’appel ont pour la plupart abandonné le militantisme politique partisan pour fuir de telles méthodes ?
 
En ce qui concerne le CREAL76

Il est à craindre que ces comportements qui dessaisissent les différents partenaires (individus ou associations) de la réflexion collective qui devait présider à la construction de cet outil de rassemblement laïque conduisent le CREAL76 à prendre ses distances. D’autant que notre association avait, dans le cadre préalablement défini, fait des propositions qui, mises en action, auraient probablement évité ce pataquès et conforté la cohésion des signataires qui se seraient ainsi sentis parties prenantes du projet à réaliser. Voilà donc le triste épilogue d’une aventure qui n’aura pas commencé.  Le CREAL76 préfère poursuivre dans l’autonomie son activité aujourd’hui localement reconnue plutôt que de devoir soit s’immiscer dans des stratégies qui lui échappent, être cantonné dans l’ignorance et devoir jouer les benêts. D’ailleurs « l’adresse aux signataires » envoyée par le CA du CREAL le 16 février suite à la rencontre nationale du 10 février ne leur a jamais été communiquée.  Seules des explications précises et écrites conduisant à une unité maintenue pourraient modifier ce positionnement. La communication du présent courrier à tous les signataires serait pour nous la condition de la poursuite du travail d’unification des laïques au plan national.
 
*La réunion des signataires de Seine-Maritime et de l’Eure de ce jour leur avait été transmise par les initiateurs nationaux de l’appel, tous les signataires présents sont adhérents du CREAL 76 

Malaunay le 10 avril 2018
 
 

Rencontre des signataires

Ami-e-s laïques,

Nous sommes environ 60 signataires des départements de l’Eure et de la Seine-Maritime de l’appel « Lier le combat laïque au combat social, fédérer le peuple ».

L’Assemblée Générale du CREAL 76 avait appelé ses adhérent-e-s à le signer et à participer à la rencontre nationale du 10 février.

Nous proposons une rencontre des signataires de nos deux départements le mardi 10 avril à 19H à Malaunay (près de Rouen), salle 3 du Centre socioculturel Boris Vian, rue Lesouef pour :

- faire un bilan de cette campagne et de la rencontre du 10 février
- envisager toutes perspectives d’action, d’initiatives, de rassemblement des laïques…

Merci de signaler votre participation à creal76@creal.fr

Pour le CREAL76,
Francis VANHÉE
tel 06 86 15 33 59

Centre Boris Vian (près crèche Ribambelle) voir plan :
https://www.google.fr/maps/@49.523026,1.0386533,17z

Adresse aux signataires (datée du 12.02.2018)

Appel  Lier le combat laïque au combat social, fédérer le peuple

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Comité de Réflexion et d’Action Laïque de Seine-Maritime – CREAL76  

Adresse aux signataires de l’Appel  Lier le combat laïque au combat social, fédérer le peuple 

Soucieux de respecter la vie démocratique de l’association, le CREAL76 avait débattu de cet  Appel  lors de son CA du 4 décembre 2017 et avait engagé son président à le signer ès-qualités. Porté à la connaissance de ses 158 adhérent-e-s le texte a été longuement discuté lors de l’AG annuelle du 20 janvier 2018. Après avoir émis des réserves sur certaines formulations, avoir déploré encore une fois l’éparpillement des laïques, mais voulant participer activement à leur rassemblement conformément aux statuts de l’association, l’AG du CREAL76 a validé la démarche en invitant ses adhérent-e-s et sympathisants à signer l’Appel et à participer à la rencontre nationale du 10 février 2018.

Cinq adhérent-e-s ont participé à cette rencontre qui, selon la Lettre d’information N° 5 du 7 février, devait se dérouler en trois parties.

La première partie - Bilan de la campagne de signatures de l’appel - n’a pas eu lieu.

La deuxième partie - Interventions des signataires - constituée de témoignages, professions de foi ou vidéos de signataires a « occupé » une grande part de l’après-midi. Le CREAL76 y a présenté sa démarche et ses propositions, à savoir :

  • prendre en compte la question des fonds publics versés à l’enseignement privé confessionnel, mais aussi patronal notamment à travers l’apprentissage, les CFA - bientôt complètement sous la coupe du MEDEF -  fait partie du combat laïque comme du combat social
  •  construire une structure nationale pérenne de défense et de promotion de la laïcité liant combat laïque et combat social, ciment d’une unité par-delà des diversités politiques, syndicales, associatives et coopérant avec les structures locales
  • préférer une association avec adhésions de personnes et d’organisations sur le principe « une adhésion (individuelle ou organisationnelle) = une voix ».
  • œuvrer à cette construction par étapes, prenant le temps nécessaire pour nouer tous les contacts, débattre, échanger, choisir une date à forte portée symbolique pour officialiser la structure (était proposé le 9 décembre 2018), définir des étapes intermédiaires
  •  assurer la totale indépendance financière de l’association
  • mettre en place dans l’immédiat un collectif provisoire

La troisième partie - Perspectives et propositions d’actions - ne s’est tout simplement pas tenue, puisque réduite à la seule intervention d’une des initiatrices de l’appel ! Mais pas par manque de temps, puisque la rencontre s’est terminée avec ¾ d’heure d’avance sur l’horaire prévu !

Non seulement le débat n’eut pas lieu, mais la dernière oratrice annonça la création déjà actée d’une association dénommée « Combat laïque Combat social » (dont ni les administrateurs, ni les buts, ni les statuts ne seront communiqués) et évoqua la mise en place pour début avril 2018 d’un site Internet. Elle déroula enfin une liste de conférences d’éducation populaire dont on trouvait déjà les intitulés sur une plaquette disponible en début de rencontre.

En conclusion, les représentants du CREAL76 ont été surpris d’être les seuls à avancer des propositions dont ils pensaient qu’elles seraient soumises au débat dans une dynamique de construction collective. Il n’est pas ici reproché à des militant-e-s (qui ? quelle équipe ?) d’avoir réfléchi à des propositions d’actions. Mais le CREAL76 regrette qu’il n’y eut, en amont ni travail de réflexion, ni véritables échanges, et lors de la rencontre aucun débat sur la structuration et les perspectives propres à rassembler les laïques sur le plan national.

Le CREAL76 déplore ce scénario. Ce dernier tourne le dos à une construction commune qui, réalisée dans une démarche d’ouverture, de transparence et de démocratie (autre nom de la laïcité selon Jaurès), serait l’indispensable outil unitaire qui manque actuellement cruellement à la laïcité.

Cependant le CREAL76, dont l’ambition demeure, veut croire que les signataires se saisiront de ses propositions, en avanceront d’autres pour une construction collective  solide.

Le CA du CREAL 76 réuni le 12 février 2018