Textes en ligne

Après la mort de Franco : en dépit des apparences démocratiques, l’Espagne, demeure un État confessionnel et catholique

par Francis PALLARÈS-ARAN

« Desconfía del buey por delante, del mulo por detrás y del fraile por todos lados. » Miguel de Cervantes
« Méfie-toi du bœuf par devant, du mulet par derrière et du moine de partout. » Miguel de Cervantes

La Constitution de 1978

Après la mort de Franco le 20 novembre 1975, Juan Carlos de Bourbon accédait au trône d’Espagne comme le dictateur lui-même l’avait décidé. Le processus de « Transition » aboutirait le 31 octobre 1978 à la rédaction d’une Constitution entre les leaders politiques de l’opposition et les anciens franquistes « convertis » à la démocratie. Ces circonstances font qu’on ne peut l’évaluer que comme le produit d’une « démocratie octroyée », suivant l’expression de l’historien Guy Hermet.
Même si les droits démocratiques étaient rétablis, deux questions restaient taboues : la nature du régime et la laïcité. Conformément aux vœux du « Caudillo », l’Espagne ne pouvait et ne devait être qu’une monarchie (sans que les Espagnol-e-s aient voix au chapitre) avec pour successeur désigné, le prince Juan Carlos. Enfin, il n’était nullement question de laïcité. Un bref regard vers le passé nous rappelle que la Seconde République proclamée en 1931 était laïque et avait donné le droit de vote aux femmes dès 1932… Elle fut renversée à la suite d’une guerre civile de presque trois ans.

Lire la suite : www.creal76.fr/medias/files/apres-la-mort-de-franco-en-depit-des-apparences-democratiques-l-espagne-demeure-un-etat-confessionnel-et-catholique.pdf

Voir aussi le documentaire sur ARTE Regards : L'ombre de Franco.(L'affaire de l'exhumation de Franco, le soutien de l'Eglise, la politique de prédation de terrains par l'Eglise, la construction du "Valle de los Caidos", les bébés volés par les curés et les religieuses, etc. Le documentaire met en exergue l'association Europa laica.)

Le « racisme systémique » ou la déviation anti-universaliste de l’antiracisme

par Karan MERSCH (29 juin 2018)

Un élève m’a confié son admiration pour l’un des personnages du livre Cannibale de Daeninckx. Il était impressionné que le néo-Calédonien ait su résister à la tentation de devenir raciste à son tour contre la communauté de ceux qui lui avaient réservé un traitement inhumain. Lorsqu’il avait exprimé ce sentiment une première fois, son enseignant lui avait expliqué que le racisme n’était pas la propriété d’une personne mais le produit d’un système. Selon cette vision, le système construirait des groupes de personnes dont certains contiendraient les victimes et d’autres les acteurs du racisme. Pour cet enseignant, le personnage de ce livre appartenait à celui des victimes et il était donc impossible qu’il ait pu risquer de devenir raciste à son tour. Cette redéfinition du racisme n’est pas isolée. Elle tend à se répandre. Utilisé de la sorte, le concept de racisme systémique conduit à détruire la visée universaliste.

Lire la suite :  http://www.laurorethinktank.fr/note/le-racisme-systemique-ou-la-deviation-anti-universaliste-de-lantiracisme/

M. Macron aux Bernardins : une confusion significative

par Henri PENA-RUIZ

A défaut d’un discours sur la laïcité, annoncé, le président de la République vient de tenir au Collège des Bernardins, sur un mode confus, des propos qui ont une tonalité antilaïque. Un commentaire de deux citations permet de le montrer.

« Nous partageons confusément le sentiment que le lien entre l’Église et l’Etat s’est abîmé, et qu’il vous importe à vous comme à moi de le réparer »….

Lire la suite : http://www.gaucherepublicaine.org/combat-laique-combat-social/m-macron-aux-bernardins-une-confusion-significative/7401496

 

Féminisme intégral et féminisme décolonial : deux faces d’une régression/restauration

par Martine STORTI

Le « féminisme intégral » dit : « nous ne voulons pas de cette émancipation-là, car elle est libérale, anti-écolo, soumise à la science, annule la différence des sexes...» Le « féminisme décolonial » dit : « nous ne voulons pas de cette émancipation-là car elle est blanche, néocoloniale, raciste, islamophobe… » N’est-ce-pas s’émanciper de l’émancipation qui est dans les deux cas l’objectif ?

Il fut un temps où l’on entendait souvent « je ne suis pas féministe, mais… » et s’égrenaient alors une série d’affirmations pour montrer que, quand même, le refus du mot ne signifiait nullement par exemple celui d’une certaine égalité entre les femmes et les hommes et plein d’autres choses encore.

Les temps changent. Certes subsistent quelques irréductibles à la Zemmour qui continuent à rendre responsables le MLF de la fin du monde, mais le mot « féminisme », voué aux gémonies il y a quelques années, est devenu très mode. Au « je ne suis pas féministe mais » a succédé le « je suis féministe mais ».

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Lettre ouverte au président de la République  sur ce qu’est et n’est pas la laïcité

par Jean-Paul SCOT

C’est en toute connaissance de cause que vous avez répondu avec solennité à l’invitation inédite que vous avez reçue de la Conférence des évêques de France. Vous venez ainsi de confirmer avec éclat toutes vos interventions précédentes devant ceux que vous qualifiez de « représentants des autres religions » quand bien même « la République ne reconnaît aucun culte » comme institution publique depuis la loi de 1905. Permettez que j’use librement de ma liberté d’analyse et que je décrypte votre long discours pour en révéler tout le sens caché qui n’a pu échapper qu’aux lecteurs trop pressés

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